SPORT ET EQUITE GENRE : Des barrières brisées par la Fédération internationale de judo promouvoir l’équité

Réunie au Maroc à l’occasion de l’édition 2019 du «Grand Prix»de Marrakech, la famille du judo mondial n’est pas restée en marge de la célébration de la Journée mondiale de la Femme. En effet, la Fédération internationale de judo s’est pleinement associée à cet événement célébré chaque 8 mars sous l’égide des Nations Unies et auquel le mouvement sportif mondial adhère. La première journée du Grand Prix de Marrakech a été ainsi marquée ce 8 mars 2019 par des compétitions féminines. Président de l’Union africaine du judo (UAJ), M. Habib Sissoko a participé à des remises de médailles.

Réunie au Maroc à l’occasion de l’édition 2019 du «Grand Prix»de Marrakech, la famille du judo mondial n’est pas restée en marge de la célébration de la Journée mondiale de la Femme. En effet, la Fédération internationale de judo s’est pleinement associée à cet événement célébré chaque 8 mars sous l’égide des Nations Unies et auquel le mouvement sportif mondial adhère. La première journée du Grand Prix de Marrakech a été ainsi marquée ce 8 mars 2019 par des compétitions féminines. Président de l’Union africaine du judo (UAJ), M. Habib Sissoko a participé à des remises de médailles.

Dans le paysage olympique, aujourd’hui, il n’y a plus de tabous de parler de la participation des femmes, de la parité hommes-femmes et l’égalité. Toutefois, des observateurs continuent à se demander si les hommes et les femmes pratiquent le même sport et selon les mêmes règles, reçoivent-ils le même salaire ? Les réponses sont mitigées.

Mais, la Fédération internationale de judo (FIJ) assure être «légitimement en avance» sur la question. En judo, l’équation est élémentaire depuis le premier jour, depuis la toute première compétition mettant en vedette des hommes et des femmes participant au même programme : mêmes règles, même argent, mêmes honneurs !

Sinon comme le rapportait The Guardian (quotidien britannique), dans une étude approfondie en juillet dernier, au cours de la première moitié de 2018, le tennisman Rafael Nadal (N°1 masculin à l’époque), avait gagné considérablement plus par tournoi que Simona Halep, la N° 1 féminine.

Et Serena Williams était la seule athlète féminine à figurer au N°51 de la liste des 100 athlètes les mieux payés de 2017, selon Forbes. Elle n’a pas été inscrite sur cette liste pour 2018 sur laquelle aucune femme ne figurait.

En cyclisme, selon ESPNW, les toutes premières coureuses gagneront 38 000 Euros d’ici 2023. C’est ce que gagnent déjà les hommes du niveau inférieur continental. Les deux tiers des femmes professionnelles gagnent maintenant 10 000 dollars ou moins par an.

La Coupe du monde féminine de basket-ball se déroulera en France. Pour leur victoire dans ce tournoi en 2015, les Américaines ont remporté un total de 2 millions de dollars US. L’année précédente, l’équipe masculine allemande avait gagné 35 millions de dollars pour avoir gagné. Eliminée au Brésil en huitièmes de finale, l’équipe masculine américaine a empoché 8 millions de dollars. Donc quatre fois plus qu’Américaines championnes du monde.

En avril 2017, dans le cadre d’une négociation de plus en plus complexe, la fédération de football des États-Unis a convenu que l’équipe féminine des États-Unis disposerait désormais de meilleurs arrangements en matière d’hébergement et de voyage, ainsi que de deux ans d’arriérés de salaire lorsque leurs indemnités journalières étaient inférieures à celles des hommes.

Comme l’a rapporté le New York Times, l’accord a considérablement augmenté le salaire de base des joueurs (plus de 30 % initialement) et amélioré les primes de match qui pourraient doubler une partie de leurs revenus, passant de 200 000 dollars à 300 000 dollars par an. L’accord couvre la Coupe du monde de cette année et les Jeux olympiques de 2020. Ce que l’accord ne fait pas, c’est de garantir un salaire égal aux équipes nationales masculine et féminine des États-Unis… La liste des inégalités homme-femme dans le domaine du sport est loin d’être exhaustive !

En 2015, la sous-secrétaire générale et directrice exécutive du programme ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, a écrit un éditorial sur le site Web de l’institution. «Les femmes sont beaucoup plus visibles dans le sport aujourd’hui que jamais auparavant. Un exemple parmi d’autres, la Coupe du monde féminine de football a réuni des dizaines de millions de téléspectateurs, battant des records d’audience à la télévision. Les équipes participant à cet événement faisaient plus que bloquer habilement une passe ou marquer un but. Ils défiaient les stéréotypes et démontraient le leadership des femmes et d’autres capacités qui pouvaient facilement se traduire dans de nombreux autres domaines», a-t-elle défendu.

Selon elle, «la persévérance et l’esprit d’équipe, entre autres valeurs, peuvent amener les femmes loin dans les affaires, la politique, la recherche scientifique, les arts et dans tout autre domaine». Et s’agissant de l’écart salarial auquel font face les meilleures joueuses de football, elle a écrit, «des écarts salariaux similaires se retrouvent dans d’autres sports professionnels, à l’exception du tennis qui, depuis 2007, a attribué des prix égaux aux quatre tournois du Grand Chelem…Cela devrait être le modèle auquel tous les autres sports aspirent. Toutes les fédérations sportives devraient combler le fossé et mettre les femmes et les hommes, à cet égard et à d’autres égards, sur un pied d’égalité».

Bien sûr ici que Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka aurait probablement dû citer parmi les meilleurs exemples le judo et la FIJ sans risque de se tromper. En effet, pendant de nombreuses années, la famille du judo s’est engagée à promouvoir le sport sans aucune forme de discrimination, qu’elle soit d’origine, de statut social, de religion ou de genre. En conséquence, la Commission d’équité entre les sexes de la FIJ a été restructurée sous la responsabilité de Mme Lisa Allan, également «responsable de la compétition» des événements de la World Judo Tour et membre du comité exécutif de la FIJ.

En 2018, aux Championnats du monde de judo qui se sont tenus à Bakou, en Azerbaïdjan, la première conférence «Ensemble, nous sommes forts: l’équité entre les sexes dans le judo» a été un grand succès et a débouché sur des projets concrets.

Cependant, ce travail sur l’égalité des sexes n’est pas nouveau et depuis de nombreuses années, ce thème est au centre du développement du judo dans le monde. En 1980, les femmes avaient leur propre championnat du monde qui fut rapidement combiné à l’édition masculine pour ne créer qu’un seul événement.

Des stars féminines ont émergé grâce aux efforts de promotion de la FIJ

En 1988, à Séoul (Corée du Sud), le judo féminin est entré dans le programme olympique en tant que sport de démonstration. Quatre ans plus tard, à Barcelone, il était intégré au programme olympique au même niveau que les hommes, avec sept catégories de poids. Aux Jeux de Tokyo en 2020, le même nombre d’hommes et de femmes sera qualifié pour le retour du judo dans son berceau. Et, pour la première fois, une épreuve par équipes mixtes se déroulera avec 3 femmes et 3 hommes dans chaque équipe.

Il n’est pas rare de trouver sur le tatami, lors des compétitions du World Judo Tour, des femmes qui arbitrent des hommes et vice-versa, ou des femmes qui entraînent sans aucun homme complexe comme le chef de l’équipe brésilienne, Yuko Fuji.

Toujours dans l’arène sportive, depuis l’introduction du World Judo Tour dans son format actuel, chaque épreuve est ouverte de manière égale aux femmes et aux hommes, alors que la valeur des médailles et celle des athlètes sont strictement identiques.

Les stars féminines sont aujourd’hui nombreuses et portent haut les couleurs du judo mondial. Il est impossible de toutes les citer car elles sont si nombreuses. On peut néanmoins se rappeler Rafaela Silva (Brésil, championne du monde et première championne olympique brésilienne), Majlinda Kelmendi (Kossovo, championne du monde et première championne olympique de l’histoire du Kosovo), Clarisse Agbegnenou (France, Triple championne du monde et médaillée olympique), Ortiz Idalys (Cuba, championnne du monde et championne olympique, Yarden Gerbi (Israël, championne du monde et médaillée olympique), Daria Bilodid (Ukraine) qui est devenue la plus jeune championne du monde de l’histoire en 2018 à Bakou, en Azerbaïdjan. On peut aussi citer la Japonaise Abe Uta (championne du monde à tout juste 18 ans) et la Française Lucie Decosse (triple championne du monde et championne olympique).

Grâce aux efforts d’égalité et d’équité de la FIJ, le judo féminin à de beaux jours devant lui puisque les judokates ne manquent pas de motivation pour rivaliser entre elles et aussi avec les hommes !

Alphaly

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