RENCONTRE IBK-SOUMAILA CISSE : Le chef de l’Etat reprend les choses en main

Après sa réélection à la tête du pays en août 2018, le président de a République Ibrahim Boubacar Keïta s’était effacé de la scène politique. Au regard du climat politique et social très tendu, il a jugé nécessaire de redescendre dans l’arène. C’est du moins le constat fait par des analystes politiques ces dernières semaines.

Après sa réélection à la tête du pays en août 2018, le président de a République Ibrahim Boubacar Keïta s’était effacé de la scène politique. Au regard du climat politique et social très tendu, il a jugé nécessaire de redescendre dans l’arène. C’est du moins le constat fait par des analystes politiques ces dernières semaines.

La nomination de Soumeylou Boubèye Maïga à la tête de la primature dans un contexte extrêmement difficile pour la nation malienne a suscité beaucoup d’espoir chez les Maliens.

Réputé  être un homme de défis, SBM a été non seulement d’un apport inestimable pour la bonne organisation de la présidentielle de 2018, mais aussi pour la réélection du Président IBK. Eu égard à ses stratégies qui ont étouffé les velléités de contestation des résultats de ce scrutin par l’opposition et d’autres acteurs hybrides, le président Keïta semblait tout lui laisser. A telle enseigne que certains parlaient de délégation de pouvoir. Mais, au fil du temps, le climat politique et social devenait de plus en plus tendu, les langues commençaient à se délier. Le peuple commençait à braquer les yeux sur le chef de l’Etat qui est le seul à avoir mérité la confiance de la population. L’opposition voulait un tête à tête avec IBK pour nouer un dialogue politique. Une proposition qui avait été rejetée par le président de la République, la renvoyant à son chef de gouvernement. Depuis lors, on assistait à un dialogue de sourds. Dans ce contexte,  les partis membres de la majorité présidentielle, dirigés par Dr Bocary Tréta, ont pris cette question à bras-le-corps. Après avoir fait le tour des formations politiques les plus en vue, suivi de la visite de l’ancien président français, François Hollande, les lignes ont commencé à bouger. Ainsi, semble-t-il, après une analyse minutieuse de tout ce qui se passe, Ibrahim Boubacar Keïta est redescendu dans l’arène politique. Suite  à la rencontre avec la coalition de la majorité présidentielle « Ensemble pour le Mali », il a alors reçu les cadres de sa formation politique, le Rassemblement pour le Mali (RPM). Au cours de cette rencontre, a-t-on appris, Me Baber Gano, Secrétaire général du RPM, a remonté certaines préoccupations exprimées par leurs interlocuteurs, à l’instar des Fare An Ka Wuli qui a élaboré un mémorandum, ou les observations et recommandations de l’URD sur le Cadre de concertation national pour les réformes.
Sur le volet des réformes institutionnelles, apprend-on, IBK a été informé par le RPM de ses rencontres avec des partis et de la substance de leurs échanges. Par la même occasion, les responsables du Rassemblement pour le Mali, abordant le sujet de la sécurité, ont estimé  que la situation qui prévaut demande l’unité de tous les fils du pays. A en croire nos sources, ce franc-parler a été salué par le  président Ibrahim Boubacar Keïta qui a encouragé son parti dans sa démarche  de  dialogue avec les autres formations.  

Quelques jours après cette rencontre, il a accepté d’échanger avec son cadet, comme lui-même aime appeler le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Il s’agissait pour les deux personnalités de conjuguer leurs efforts afin de trouver ensemble une solution durable aux problèmes qui assaillent le Mali.

A en croire Soumaïla Cissé, cité par certains confrères, au cours de leur rencontre, les deux hommes d’Etat ont  parlé de plusieurs aspects. Il a été d’abord question de la situation politique, économique, les élections de 2018, les concertations nationales et les réformes politiques et institutionnelles. Le problème du centre a aussi été largement évoqué avec le président Keïta. «Ces préoccupations sont aujourd’hui des défis auxquels il faudra s’attaquer urgemment…», estime le président de l’URD.

La situation actuelle de l’école n’a pas échappé à la vigilance des deux personnalités, dont l’entretien aurait duré environ deux heures. Même s’il affirme que la question de gouvernement d’union nationale n’a pas été évoquée, il reconnait tout de même que c’est un début de dialogue politique. Et que leur prochaine rencontre, prévue cette semaine, déterminera le reste.

A l’analyse de tous ceux qui ce passent, les observateurs de la scène politique malienne concluent que cette rencontre entre le chef de l’Etat et le chef de file de l’opposition est non seulement un signe de décrispation du climat politique, mais aussi un signe de reprise en main des choses par le président Ibrahim Boubacar Keïta.

En tout cas, les jours à venir nous édifieront plus.

Oumar KONATE

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