LUTTE CONTRE LE TERRORISME : L’Etat et les groupes armés manquent d’engagement, selon le Centre Carter

Soldats des Forces Armées Maliennes (FAMa) lors du défilé du 22 septembre 2018. Crédit photo © Boub´s SiDiBÉ.

Dans son dernier rapport de suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, le Centre Carter, observateur indépendant désigné, pointe du doigt la faiblesse de l’engagement de l’Etat et des groupes armés à lutter contre le terrorisme.

« Faible engagement du Gouvernement et des mouvements signataires à entreprendre rapidement une action partagée en matière de lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et le contrôle des frontières», peut-on lire dans le rapport publié le 18 février dernier.

Selon le document, une volonté déterminée de travail en commun et un début de réorganisation des méthodes de travail sont apparus depuis l’élection présidentielle, marquant d’une certaine manière une réponse au découragement et aux pressions de la communauté internationale devant le peu d’avancements concrets depuis trois ans de mise en œuvre. Il indique que le « Pacte pour la paix », voulu par la Conseil de sécurité des Nations Unies dans sa Résolution 2423 (juin 2018) et signé entre les Nations Unies et les Parties maliennes en octobre 2018, souligne l’urgence de prendre des mesures pour « accélérer la mise en œuvre intégrale et inclusive » de l’Accord, sujet prioritaire dans les discussions sur le renouvellement du mandat de la Minusma programmé en juin 2019. L’intensification de l’attention du Conseil de sécurité, y compris par l’application des sanctions contre trois individus en décembre 2018, ajoute une pression supplémentaire sur les Parties maliennes.

Sur les questions de défense et de sécurité, l’observateur note avec satisfaction beaucoup d’avancées, notamment la cessation effective de l’état de belligérance entre le Gouvernement et les mouvements signataires, d’une part, et les mouvements entre eux, d’autre part ;  la Mise en place du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC) à Gao (2017) et à Tombouctou et Kidal (2018) ; le lancement du processus de « DDR accéléré » en novembre 2018 destiné à environ 1 800 combattants des bataillons du MOC de Gao, Tombouctou et Kidal ; le Recensement presque définitif de 32 908 combattants éligibles au programme DDR- intégration ; l’adoption conjointe, en juillet 2018, de la Stratégie de réforme du secteur de sécurité et, en décembre, l’entente entre les Parties sur les modalités fondamentales des forces armées et de sécurité reconstituées, par exemple à travers la formation des bataillons intégrés ; l’entente en décembre 2018 entre les Parties maliennes sur l’organisation et les missions de la police territoriale et des unités spéciales, entre autres.

Cependant, le Centre Carter dénonce : l’absentéisme, le manque de discipline et le soupçon de banditisme au sein des bataillons de MOC ;  le peu d’information sur le budget prévisible concernant le DDR, d’autant plus qu’un processus DDR a lieu également au centre du pays.  Parmi tous les points incriminés, l’observateur insiste sur ce qu’il qualifie de  «  faible engagement du Gouvernement et des mouvements signataires à entreprendre rapidement une action partagée en matière de lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et le contrôle des frontières. »

Pourtant, cet aspect semble être le point numéro un des discours officiels. Tout le monde est engagé pour cela, mais cette dénonciation du Centre Carter est inquiétante pour la sécurisation du pays et la lutte contre le terrorisme.

Hamadoun MAIGA

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