Tariq Ramadan reconnaît avoir eu des «relations consenties» avec ses deux accusatrices

INSTRUCTION Visé par plusieurs plaintes pour viols, Tariq Ramadan a reconnu, ce lundi, avoir eu des « relations consenties » avec ses accusatrices, ce qu’il niait jusqu’ici…

  • Tariq Ramadan est mis en examen pour viols depuis le 2 février 2018.
  • Placé en détention provisoire, il a toujours nié les faits.
  • Ses différentes demandes de remise en liberté ont été rejetées.
  • Ce lundi, il a reconnu avoir eu des rapports avec ses accusatrices.

Même son avocat assure qu’il n’aurait pas dû « nier bêtement » pendant des mois. Auditionné par les juges, ce lundi, Tariq Ramadan a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec Henda Ayari et Christelle*,
deux femmes qui l’accusent de viols depuis près d’un an. « Sa parole s’est enfin libérée, il est soulagé. Il a eu des relations sexuelles avec elles, mais il s’agissait de relations consenties », a indiqué Emmanuel Marsigny, son avocat après cette audition au tribunal de grande instance de Paris qui a duré plus de deux heures. Jusqu’à présent, le théologien avait toujours nié avoir eu des rapports physiques avec l’une ou l’autre.

Mis en examen et placé en détention provisoire depuis le 2 février, il a continué à assurer, face aux trois juges d’instruction, que les deux femmes qui l’accusent ont menti en prétendant avoir été violées. « Ces relations ont été souhaitées, consenties et même par la suite recherchées », poursuit Emmanuel Marsigny. Pourquoi ne pas les avoir reconnues plus tôt dans ce cas-là ? « Parce que mon client a eu le sentiment que la conviction [des juges] était acquise qu’il était coupable… »

Une guerre de SMS au cœur du dossier

L’audition de Tariq Ramadan intervient alors que les enquêteurs sont parvenus à exploiter d’anciens téléphones portables, notamment un appareil de Christelle, et à en extraire des centaines de SMS qui se retrouvent désormais au cœur du dossier. « Sur l’un de ces SMS, [Christelle] indique notamment qu’elle serait partie si elle avait vraiment eu mal [pendant leur rapport sexuel], poursuit Emmanuel Marsigny. Sur un autre, elle dit que la peau de M. Ramadan lui manque… Cela veut bien dire qu’elle a menti pendant des mois. »

Avant même cette audition, Eric Morain, l’avocat de Christelle, avait déjà réagi à l’apparition de ces SMS dans le dossier judiciaire. « Le téléphone de ma cliente est un vieil appareil. Et les messages qui ont été extraits ne sont pas horodatés. Nous sommes en train de travailler pour savoir à quel moment ils ont été envoyés. Mais je peux déjà dire que nous avons une explication pour chaque message… »

Présent dans la salle des pas perdus du tribunal dès la fin de cette audition, il a tenu à indiquer que sa cliente « s’expliquera [même] sur chaque SMS qu’elle a pu envoyer quand les juges lui demanderont », taclant au passage le fait que Tariq Ramadan se présente aujourd’hui « en parangon de vérité » après « avoir égaré la justice pendant des mois »

« Désolé pour ma violence » dans un message de Ramadan

Eric Morain explique aussi que les investigations récentes ont permis de mettre au jour les messages de Tariq Ramadan démontrant la violence dont il aurait fait preuve à l’égard de sa cliente. « Sur l’un des messages, M. Ramadan dit clairement ‘’ j’ai senti ta gêne … désolé pour ma ‘violence’ ’’. C’est bien la preuve qu’il s’est passé quelque chose d’inhabituel. »


Au sujet d’Henda Ayari, la femme dont la plainte pour viol avait déclenché toute cette affaire le 20 octobre 2017, Emmanuel Marsigny a expliqué avoir versé au dossier, vendredi, des éléments tendant à prouver qu’elle a menti. Sur la sauvegarde d’un téléphone de Tariq Ramadan, l’avocat assure avoir retrouvé des messages compromettants. « Notamment, un SMS envoyé deux mois après le prétendu viol où elle demande de la rejoindre à Dijon (Côte-d’Or) pour la faire jouir ! »

L’avocat assure qu’il va déposer une nouvelle demande de remise en liberté au nom de son client et porter plainte « dans les prochains jours » pour « dénonciation calomnieuse » et
« dénonciation de crimes imaginaires » contre les deux plaignantes.

* Le prénom a été changé

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