Réunion des ministres de la défense du G5-Sahel, hier, en France : Paris pressée de finaliser le calendrier des opérations en vue

Les réunions des États membres du G5 Sahel se succèdent, notamment ces dernières semaines, et se tiennent dans un des pays membres, (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger, Mauritanie), ou à Paris et Bruxelles. Hier, la capitale française, Paris a abrité la rencontre des ministres de la défense du G5 Sahel, soit après une semaine de la réunion conjointe des ministres en charge des affaires étrangères, de défense et tutelle du G5 Sahel, à Bamako (Mali), le 8 janvier dernier, au terme de laquelle, il y a eu adoption des documents notamment ceux relatifs à la création d’un mécanisme de mobilisation, de coordination et de gestion des contributions à Force-conjointe G5 Sahel (FC-G5S) et la mise en place d’un mécanisme de soutien et de contrôle de la FC.

À ces réunions s’ajoute la conférence internationale sur la sécurité et le développement au Sahel et à la Table ronde de financement de la première phase du programme d’investissements prioritaires 2018-2020 du G5 Sahel, prévue, le 23 février prochain, à Bruxelles, à laquelle la réunion conjointe de Bamako, a appelé, dans son communiqué final, la Communauté internationale à prendre part. La réunion de Paris, des ministres de la défense des États membres du G5 Sahel a vu la participation, de représentants des pays donateurs, dont la France, pays abritant cette rencontre, consacrée à l’objectif de la mise sur pied d’ici la mi-2018, d’une force composée de 5000 soldats des cinq pays du G5-S. La ministre des Armées de France, Florence Parly, a souligné que cinq ans après le début des opérations militaires françaises, au Mali, «l’objectif de Barkhane est de trouver des relais» avant d’insister que la force conjointe du G5-S «doit être opérationnelle en 2018» avait-elle précisé, dans un entretien, paru au journal français, Libération, hier, jour de sa rencontre avec ses homologues, les ministres de la défense du G5- Sahel. La Réunion de Paris précède la rencontre ministérielle de coordination prévue, ce mois ci, à Ryadh, sur l’opérationnalité de la FC-G5S, outre celle de Bruxelles, février prochain, visant à mobiliser des contributions suffisantes en faveur de cette question.

Il est à rappeler que dans son allocution à l’ouverture des travaux de la rencontre de Bamako,Tieman Hubert Coulibaly, ministre malien des affaires étrangères et de coopération internationale, président du Conseil des ministres du G5-S, avait indiqué que pour l’appropriation effective du processus de la FC-G5S, «la démarche commune du G5-S devrait s’articuler autour de leviers, citant en premier, «le maintien d’un très haut niveau de préparation et de déploiement opérationnels de la FC-G5S» indispensables, a-t-il indiqué «à l’acquisition effective des capacités militaires exigées pour atteindre sa pleine opérationnalisation d’ici mars 2018» a-t-il précisé. Un mois auparavant, lors de la réunion des chefs d’États des pays membres du G5-Sahel, à Paris, le président Français, Emmanuel Macron, qui a fait de l’installation de cette force, composée de contingents fournis par cinq pays sahéliens, une priorité de sa politique extérieure, qualifiant cette «réunion de soutien», à laquelle ont pris part ses partenaires européens, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays a déployé un contingent au Mali, et les chefs des gouvernements italien Paolo Gentiloni et belge Charles Michel. En novembre dernier, à partir d’Abidjan, Emmanuel Macron, a estimé que la mise en place du G5 Sahel n’avançait «pas assez vite» et pour rappel, les troupes militaires françaises dépêchées dans le cadre de l’opération militaire lancée, par son prédécesseur à l’Élysée, Nicolas Sarkosy, en janvier 2013, au Nord Mali, se poursuit à ce jour, à travers l’opération Barkhane, qui compte 4000 militaires français. Et pour la France, il s’agit de «plus d’engagement des acteurs du G5 contre plus de soutien international» a expliqué, l’Élysée, ont rapporté des médias français, novembre dernier. Et hier, à Paris, la ministre française des Armées Florence Parly a réuni ses homologues de la force militaire conjointe des pays du G5 Sahel dans l’espoir d’accélérer la cadence et le rythme de sa mise en œuvre.

Dans un entretien, paru hier, au journal français, Libération, la ministre des Armées de France, Florence Parly souligne que cinq ans après le début des opérations militaires françaises, au Mali, « l’objectif de Barkhane est de trouver des relais» avant de souligner avec insistance que la force conjointe du G5S « doit être opérationnelle en 2018 », en affirmant vouloir, lors de sa réunion de Paris (hier, ndlr) avec ses homologues du G5 Sahel et leurs chefs d’état-major «finaliser une feuille de route » des opérations prévues ces six prochains mois. Le casse tête de l’accompagnement financier de l’opération de la FC-G5S, demeure à l’ordre du jour, pour le secrétaire permanent du G5 Sahel, Najim Elhadj Mohamed « à ce jour, la FC-G5S a enregistré 294 millions d’euros d’annonces de contribution sur le budget prévisionnel de 423 millions d’euros (soit 69,5%) ». L’union européenne (UE) a promis, pour rappel, 50 millions d’euros, la France 8 millions d’euros, surtout en matériels et chacun des cinq pays membres du G5S, 10 millions, alors que l’Arabie saoudite a assuré qu’elle contribuera avec 100 millions de dollars et les États-Unis ont quant à eux promis aux cinq pays membres du G5 Sahel une aide bilatérale globale de 60 millions de dollars. Pour Tieman Hubert Coulibaly, autres leviers de la démarche, qu’il a cité, pour l’appropriation effective du processus de la FC-G5S, dans son allocution d’ouverture de la réunion de Bamako , le «développement continu de l’interopérabilité des forces de défense et de sécurité et le maillage d’un partenariat avec les autres armées amies» a-t-il indiqué outre , «l’accélération de la mise en œuvre de la résolution 2391 (2017) » la «constitution d’un système G5S de financement», et enfin le «renforcement du pilotage politique».

Karima Bennour

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