Lutte contre l’insécurité : quid de la patrouille de grande envergure ?

Le Général Salif TRAORÉ, Ministre de la sécurité et de la protection civile du Mali est diplômé de la prestigieuse école militaire française de Saint Cyr depuis 1996, a derrière lui 19 années d’expérience dans le commandement et la gestion. Il est titulaire d’un master 2 en stratégie, défense, sécurité, gestion des conflits et des catastrophes et d’un brevet de l’Ecole de guerre (enseignement militaire supérieur de 2è degré). Crédit photo © Boub's Sidibé / Mali Buzz.

Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a lancé, à grand renfort médiatique, une patrouille de grande envergure pour traquer les bandits dans la ville de Bamako. Cette opération coup de poing a mobilisé plus de mille vingt-cinq éléments de la police nationale, de la Garde nationale et de la Gendarmerie. Les résultats sont pour le moins probants.

En trois jours, ce sont sept cent quarante-quatre personnes qui ont été interpellées dont cinquante-trois repris de justice. C’est à saluer de la part du gouvernement. Seulement l’on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur le timing. Pourquoi avoir attendu maintenant pour agir ?

Cette question reste pour l’instant sans réponse. Il existe tout de même une coïncidence troublante. Ce «réveil brutal» des autorités en charge de la sécurité intervient après plusieurs cas d’assassinats et surtout après la sortie «musclée» des associations musulmanes. Selon certains commentaires, cette patrouille dite de grande envergure n’est qu’une vaste opération de communication qui vise à mettre de la poudre aux yeux aux responsables des associations musulmanes afin qu’ils «oublient» l’assassinat de l’Imam Yattabaré.

Le gouvernement doit sortir des grandes envolées lyriques qui consistent à nous dire que les forces de défense et de sécurité montent en puissance. Il est vrai que le risque zéro n’existe pas, mais la montée en puissance, dont on parle tant, ne sera une réalité que le jour où la population sera en sécurité.

La démographie galopante de Bamako ne saurait être une excuse. Car, gouverner c’est prévoir. Les autorités doivent sortir de leur torpeur et poser de vrais jalons pour la sécurité des Maliens. Ce qui  n’est pas pour demain !

Abdrahamane SISSOKO

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