INTERDICTION DES MANIFESTATIONS AU MALI : Le haro des organisations des droits de l’Homme


Les organisations de défense des droits de l’Homme et associations des victimes ont animé une conférence de presse le mardi 11 décembre 2018 à la Maison de la Presse. Cette rencontre avec les hommes des medias est intervenue après l’interdiction de leur marche pacifique prévue dans la matinée du même jour. Une décision que les 51 organisations qualifient de « pratiques anti-démocratiques et attentatoires aux libertés fondamentales ».
Informer l’opinion nationale et internationale du report de leur marche pacifique suite à l’interdiction des autorités administratives et sécuritaires. Tel était l’objectif principal de la conférence de presse organisée par les organisations de défense des droits de l’Homme et associations des victimes.
Dans une déclaration, Me Moctar Mariko, président de l’AMDH, a indiqué que leurs organisations ont été sommées par la police de ne pas se rassembler à la Bourse du travail, ni au monument Cabral. Selon lui, la police lui a signifié qu’elle a reçu l’ordre d’empêcher toute manifestation à Bamako.
« Nos organisations considèrent ces tentatives répétées d’insensées et contre-productives. Nos organisations condamnent ces décisions et pratiques anti-démocratiques et attentatoires aux libertés fondamentales. Cette situation de déni du droit de manifestations, de réunions, d’associations et liberté d’expression est en violation flagrante de la constitution du 25 février 1992 de la République du Mali et des instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs », a dénoncé Me Mariko.
Puis, il a ajouté que les organisations de défense des droits de l’Homme et associations des victimes resteront mobilisées jusqu’au retrait définitif du projet.
« Nous avons été exclus du projet de loi d’entente nationale. Car nous estimons que ce projet divisera les Maliens au lieu de les réunir. Nous allons nous concerter et enrichir nos stratégies afin de contrer le passage de ce projet à l’Assemblée nationale », a-t-il martelé.
Pour sa part, Maïga Aminai Maïga, présidente de l’Association des victimes, dira que ce projet présente une grave menace à la justice, la paix et la réconciliation durable. Selon elle, ledit projet ouvre la porte à des amnisties de responsables de crimes internationaux, au mépris des droits des victimes.
« Nous avons noté que le texte prévoit que les responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres crimes imprescriptibles sont en principe exclus des exonérations. Mais nous avions aussi bien souligné que le mécanisme prévu par le texte ne pourra le garantir dans son application. De telles amnisties favoriseraient ainsi l’impunité en ce qui concerne les crimes les plus graves et ne sauraient permettre un retour à la paix, des auteurs de crimes les plus graves restant impunis et leurs victimes n’obtenant pas justice », a-t-elle dénonce.
Puis, elle a interpellé les députés afin qu’ils puissent mesurer l’ampleur de la gravité des conséquences pour la justice.

A. SISSOKO



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