Dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Mopti : Le Gouverneur, le Général Sidi Alassane Touré, au cœur de la controverse.


L’espoir suscité par l’arrivée du Général Sidi Alassane Touré au poste de Gouverneur de la région de Mopti est-il en train de se fondre comme beurre de karité sous le soleil ? Oui ! Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire depuis sa nomination à la tête du gouvernorat de la 5e région. En effet, le Général Sidi Alassane Touré était arrivé à la tête de l’exécutif régional de Mopti avec les faveurs des pronostics. Avec son statut de militaire, doublé de sa bonne connaissance du terrain, les populations victimes de la grave crise dans le centre du pays avaient l’espoir que c’était la fin de l’insécurité qui les terrorisait dans leur terroir tous les jours. Erreur !
Aujourd’hui, la situation sécuritaire s’est sérieusement dégradée et Monsieur le Gouverneur est au centre de la controverse. Les récentes manifestations et tueries survenues dans le cercle de Bankass sont la goûte d’eau qui a débordé le vase déjà trop rempli. Les populations de la région Mopti reprochent surtout au Gouverneur son manque d’anticipation, son manque d’initiatives pour faire face aux mouvements terroristes dans la région. En effet, ce que les populations ne comprennent pas, c’est que l’ancien général de la Sécurité d’Etat est toujours informé des mouvements des bandits, de leurs déplacements, des moyens dont ils disposent mais il n’a jamais anticipé sur leurs attaques. Chaque fois qu’il y a une menace réelle, le Gouverneur est informé de la situation. « C’est toujours silence radio », déplore un cadre de la région, en poursuivant, « Pas d’actions entreprises, pas d’initiatives pour tenter d’empêcher les attaques ». C’est toujours à la dernière minute que le Gouverneur arrive après la commission de l’attaque. Il vient avec quelques sacs de vivres et des enveloppes très symboliques pour apporter la solidarité de l’Etat aux victimes. Mais Monsieur le Gouverneur, ce n’est pas de la solidarité de l’Etat dont les populations ont besoin. Elles veulent être protégées contre les bandits et les terroristes. Par exemple, d’après nos informations, le Gouverneur a été informé de l’attaque du village de Léssagou, non loin de Dialassagou. Il a été porté à sa connaissance que les terroristes rodent dans le secteur. « On lui dit qu’ils font des tirs de sommation, ils ont empêché les populations d’aller au marché. Ils sont tel nombre avec des motos, telles armes. Mais il n’a jamais réagi », regrette un autre cadre de la région. Pire, selon nos informations, dans la commune de Ouinkoro, deux semaines avant l’attaque, les terroristes ont sillonné la zone pour dire aux populations de quitter les villages. Pourtant, l’armée est à 50 kilomètre de là, à Sokoura, sans aucune réaction du Gouverneur.
Pour le cas précis de Bankass, selon des informations reçues sur le terrain, c’est que dans la commune Touri où se trouve un camp des Dozos à Wéra, le Gouverneur a envoyé un détachement militaire pour les désarmer et procéder à des arrestations. Ce qui a provoqué la colère des populations. Parce qu’elles ne comprennent pas que des gens qui assurent leur sécurité soient arrêtés. C’est ce qui a mis le feu aux poudres. C’est pourquoi, de plus en plus, les populations se posent les questions : quelqu’un a-t-il intérêt à entretenir la crise ? Le Gouverneur fait-il la rétention d’information ? En tout cas, selon des indiscrétions, elles ne comprennent pas la réaction tardive du Gouverneur ou du moins son manque d’anticipation pour circonscrire ces attaques. Ou y a-t-il une main invisible qui l’empêche de prendre des actions courageuses ? Question à un milliard de francs azawadien.

Youssouf Diallo



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