DECRISPATION DU CLIMAT POLITIQUE NATIONAL : Opposition et majorité annoncent de grandes retrouvailles

Nous acheminons-nous vers la sortie de la crise politique dans laquelle le pays s’est engouffré après la présidentielle de l’année dernière ? Rien n’est moins sûr, car la position de l’opposition semble fléchir depuis un certain temps.

Le dernier congrès du parti ASMA-CFP a donné l’occasion aux observateurs de la scène politique de se faire une idée de la volonté du régime en place et de l’opposition d’aller vers des retrouvailles. Lors de la cérémonie d’ouverture dudit congrès qui a vu la participation effective de l’opposition, à la surprise générale, le président de l’ASMA-CFP, non moins Premier ministre, a donné le ton. Il a indiqué qu’il n’est pas exclu que des partis comme l’Asma, l’Adema, l’URD et l’UDD se retrouvent au sein d’une même formation politique. Ce discours a surpris plus d’un. Connaissant celui qui l’a prononcé, il faut croire que cette retrouvaille est plausible. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Soumeylou Boubèye Maïga tient de tels propos. Lors d’une conférence nationale de l’Adema, il avait affirmé que les chemins de l’ASMA et de l’ADEMA vont se croiser, car les deux partis, estime-t-il, n’auraient jamais dû se séparer. Du côté de l’opposition, c’est Iba N’diaye, vice-président de l’URD, qui a joué au précurseur. A la tribune de l’ASMA, il a laissé entrevoir une retrouvaille entre l’URD et l’ASMA car, dit-il, les deux bords peuvent avoir des divergences et même des différends, mais ils doivent sauver l’essentiel pour sauver le Mali.

Faut-il croire que l’opposition a enfin accepté de saisir la main tendue du président de la République. IBK n’est d’ailleurs pas le seul à lancé un tel appel. Bocari Tréta, président de la majorité présidentielle, a fait la même offre.

Quelques semaines avant, ce sont les leaders religieux et les notabilités de Bamako qui ont eu plusieurs rounds de discussion avec l’opposition pour tenter de faire fléchir la position à la limite va-t-en-guerre de son chef de file. Il faut également intégrer dans cette dynamique la mission de haut niveau de l’Organisation internationale de la francophonie qui a rencontré les uns et les autres pour leur demander de décrisper l’atmosphère politique, car le Mali, de l’extérieur, donne l’impression d’être en crise post-électorale. Cette situation n’est guère favorable pour le retour des investisseurs et des partenaires techniques et financiers du Mali.

Aussi, de plus en plus, des rumeurs de remaniement ministériel se font entendre, avec à la clé la formation d’un gouvernement d’ouverture, à défaut d’avoir un gouvernement d’union nationale. Dans les deux cas de figure, la volonté des différents acteurs de se retrouver est palpable. Il ne reste plus qu’à trouver les voies et les moyens pour s’y faire.

Dieu veille !

Hamadoun MAIGA

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