Armée malienne : des officiers supérieurs maintenus en inactivité

Le général Sadio Gassama peut remercier le Ciel, le dernier ministre de la Défense et des Anciens combattants  d’ATT vient d’être nommé nouvel ambassadeur du Mali au Tchad. Lui qui, depuis le coup d’Etat 2012, était devenu un paria. Ce n’est pas le cas pour nombre d’autres officiers.

Selon nos sources, Sadio Gassama a pris le temps de réfléchir avant d’accepter ce poste. Il vient ainsi de quitter le cercle des officiers supérieurs maliens en inactivité. Ils sont nombreux ces généraux, officiers et sous-officiers, pour une raison ou une autre.

Plusieurs officiers, qui étaient avec la junte de Kati, sont aujourd’hui maintenus à la touche. Comme le général Sidi Touré, pourtant blanchi de toute accusation. Malgré son expérience en matière de renseignement, il se tourne les pouces chez lui. Alors qu’il peut servir le pays, et très valablement.

Par ailleurs, lors du procès d’Amadou Haya Sanogo à Sikasso en novembre et décembre 2015, plus d’une cinquantaine de jeunes officiers de Kati étaient venus lui dire leur désarroi. La hiérarchie feint d’ignorer leur présence comme s’ils ne faisaient plus partie des effectifs de l’armée. Certains sont à deux ans voire à 3 ans d’inactivité. Leur seul tort, d’après eux-mêmes, c’est d’avoir servi l’ancien homme fort de Kati. En plus de tous ceux-ci, il y a une certaine frustration dans les rangs des bérets rouges où beaucoup de soldats et d’officiers attendent avec impatience qu’ils soient utilisés.

Des efforts ont certes été faits, selon certaines sources, au niveau du ministère de la Défense, pour les redéployer. Mais il semblerait qu’il existe un trop-plein d’officiers actifs au sein de la grande muette. Selon la même source, certains choix ne dépendraient plus de la hiérarchie militaire. C’est ce qui expliquerait la politisation de l’armée.

Des chefs et cadres militaires ont été cooptés pour en faire des pions politiques et béquilles militantes dans les casernes. Chaque cadre devait sa promotion à cet engagement et « serment » politique. Cette situation s’est beaucoup amenuisée, selon des sources proches du ministère de la Défense.

En tout cas, l’armée malienne, avec 71 généraux et les 15 inspecteurs généraux de la police, a du pain sur la planche. Leur gestion n’est certainement pas une équation simple. Mais priorité doit être accordée à ceux qui veulent être déployés sur le terrain.

Sinaly KEITA

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