Adama Konaté, chauffeure de SOTRAMA : «Il n’y a pas de sot métier»

Mère d’un garçon et âgée de vingt-quatre ans, Adama Konaté, est une chauffeure de SOTRAMA sur la ligne de Boulkassombougou en Commune I du district de Bamako. Elle pense qu’il n’y a pas de sot métier et se bat pour subvenir à ses besoins.

Le WAGADU: Depuis quand exercez-vous ce métier ?

Adama Konaté:

J’ai fait beaucoup de chemin avant de devenir une chauffeure de SOTRAMA. J’ai abandonné l’école en classe de 9ème année au profit du basketball. J’ai joué pendant neuf ans dans le club ACE CI. J’ai passé cinq ans à apprendre le métier dont trois ans dans les Sotrama. Je conduis depuis près de deux ans.

Vous exercez une activité réservée très généralement aux hommes. Quels sont vos rapports avec ceux-ci ?

Je n’ai aucun problème avec les hommes. Nous sommes tous pareils. Nous partageons à ce titre beaucoup de choses. Ils sont bienveillants à mon égard. 

Votre véhicule vous appartient-il, sinon quelles sont vos relations avec votre patron ?

Le véhicule ne m’appartient pas. Je travaille avec Adrahamane, mon patron. Je n’ai jamais eu de problème avec lui. C’est lui qui m’encourage tous les jours à travailler davantage. Il pense que j’ai l’amour du métier et que je peux devenir une grande chauffeuse. Je fais souvent l’«Américain» (Ndlr : remplacer un chauffeur pendant quelques heures).

Comment arrivez-vous à concilier la vie familiale avec cette activité ? Quelles sont les difficultés ?

Je ne suis pas mariée et je vis avec mes parents qui ne sont pas contre mon travail. La seule difficulté dans ce métier, pour moi, c’est de travailler avec quelqu’un d’autre. Car si tu n’as pas ton propre véhicule, tu ne gagnes pas assez d’argent. C’est bien loin l’époque où les chauffeurs gagnaient suffisamment d’argent. Les chauffeurs travaillent maintenant dans la précarité. On vit au jour le jour.

Quelles sont vos perceptives ?

Mon souhait, c’est d’avoir un bon mari qui m’aimerait comme telle, et qui m’achèterait un véhicule et m’encouragerait dans mon travail. Je souhaite aussi former d’autres jeunes.

Avez-vous un message à l’endroit des jeunes filles qui veulent apprendre ce métier ?

Je lance un appel à toutes les jeunes filles du Mali de se lever pour se mettre au travail. Il n’y a pas de sot métier. Je demande aussi aux  autorités de bien vouloir m’aider afin que je sois un modèle pour les autres jeunes filles.   

Interview réalisée par Fatim B. Tounkara

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